L’Indépendant 20/01/18

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La traversée des Pyrénées en traîneau

 

Exploration. Le mot nous renvoie directement au fin fond de l’Amazonie, vers la source du Nil ou les temples disparus de l’Inde profonde. Mais pour Romain Da Fonseca rien de tout ça. Le jeune homme, amoureux de la montagne depuis son plus jeune âge, veut traverser les Pyrénées. Pas à pied ou à vélo mais en traîneau, tiré par ses huit chiens, des Huskies de Sibérie.

 

Un exploit inédit, inspiré des aventures de Paul-Émile Victor, qui, parmi toutes ses expéditions, avait en 1938 traversé une partie des Alpes avec un attelage de six chiens.

 

Parcs français mis sous cloche

Quatre-vingts ans après, Romain Da Fonseca remet le couvert mais cette fois dans les Pyrénées: «Il s’agit d’une volonté d’exploration. Le but est de vivre une expérience inédite et d’en rapporter le témoignage pour mettre en avant les pays et paysages, l’environnement, le travail avec les animaux, la philosophie sportive et sociétale ou encore les évolutions matérielles.»

Hendaye-Plage, Banyuls-sur-Mer. Une aventure qui risque de ne pas être une sinécure. 900 kilomètres, 30.000 mètres de dénivelé, des cols de haute montagne avec des passages à plus de 3000 mètres d’altitude, le tout en 17 étapes «tout terrain», parfois très techniques.

Un tracé difficile à mettre en place et notamment du côté français. «Le tracé reste beaucoup versant espagnol, car nombre de réserves et parcs naturels français mis sous cloche n’acceptent pas même les chiens en laisse. Ce qui n’est pas le cas en Espagne où ils sont beaucoup plus pédagogiques», relève le jeune homme qui n’en est pas à son coup d’essai. À tout juste 19 ans il traversait déjà les Pyrénées, à pied, en totale autonomie.

 

Carlit, Canigou

Trois étapes sont prévues dans les Pyrénées-Orientales, avec une arrivée par Porté-Puymorens. Village frontalier d’où le musher s’élancera, pour contourner le Carlit par le nord en direction des Angles puis de Prades et des contreforts du Canigou, pour ensuite filer sur Las Illas et enfin finir sur la plage de Banyuls-sur-Mer.

Et le manque de neige n’est pas vraiment un problème. Un kart (une sorte de quad sans moteur) peut être attelé aux chiens. «C’est de cette manière que je m’élance de la plage d’Hendaye», précise l’aventurier. Une traversée qui doit partir le 15 février. L’équipage devrait arriver chez nous le 5 mars. «Le rythme sera celui des chiens et de leur envie et dépendra aussi des conditions météorologiques. Il s’agit d’un estimatif pour gérer la logistique», explique Romain. Car logistique il y a. Le jeune homme s’est entouré de plusieurs montagnards aguerris et d’un météorologue. Ses parents et son oncle ainsi que quelques collaborations ponctuelles ne devraient pas être de trop pour accomplir ce défi inédit.

En 1938, Paul-Émile Victor (explorateur polaire, scientifique, ethnologue, et écrivain) effectue, avec Michel Pérez et le Lieutenant Flotard, une traversée des Alpes en traîneaux à chiens, sur 230 km de Nice à Chamonix, pour démontrer à l’armée française l’utilité de ce moyen de déplacement en montagne. Une aventure dont s’inspire grandement Romain Da Fonseca. Il peut d’ailleurs compter sur le soutien des familles des protagonistes de l’époque. Avec notamment un accès aux archives privées qui relatent l’expérience d’il y a 80 ans.

 

Presse, réseaux sociaux et satellite

En plus des réseaux sociaux et des différents titres de presse locale qui vont le suivre dans son expédition, Romain a pris soin d’embarquer une balise satellite de détresse. Grâce à un lien sur internet, les gens pourront suivre la progression directement tracée sur une carte Google Earth, environ 1 point toutes les 3 minutes. Vive la technologie.

L’aventure à suivre en direct en cliquant ici.

 

Philippe Comas